Les trois « non » et la facture impayable
Sous le règne de Louis XVI, les réformateurs ont promis « point de banqueroute, point d'augmentation d'impôts, point d'emprunts », ont soutenu une guerre avec une dette massive et ont finalement défié le mur des privilèges. Tandis que la bonne monnaie maintenait sa qualité, les finances de l'État se dirigeaient vers la faillite.

Cet écu d'argent de six livres de Louis XVI a été frappé à Paris en 1783. Avec une tranche usinée qui empêchait le rognage, cette monnaie maintenait la norme d'une monnaie saine. À cette époque, les finances du royaume se trouvaient au bord d'un précipice de dettes avec lequel les réformateurs luttaient.
Les vingt mois idéaux
En août 1774, peu après l'accession au trône de Louis XVI, Turgot fut nommé contrôleur général des finances et promit au roi trois « non » : point de banqueroute, point d'augmentation d'impôts et point d'emprunts. Son idéal était de restaurer les finances en libéralisant l'économie et en réduisant le gaspillage. Il libéralisa le commerce des grains et publia des édits pour abolir la corvée pour la construction des routes et les monopoles des corporations.
Cependant, lorsqu'une mauvaise récolte l'année suivante fit flamber le prix du pain, des émeutes connues sous le nom de guerre des farines éclatèrent dans tout le pays. La noblesse et les parlements, dont les droits acquis étaient menacés, se sont opposés. L'idéal se brisa contre le mur des privilèges, et Turgot fut démis de ses fonctions après seulement vingt mois.
Une guerre financée par la dette
Après Turgot, Jacques Necker prit le contrôle des finances royales en juin 1777. Sa stratégie était à l'opposé de celle de Turgot : éviter les nouveaux impôts et financer la guerre par l'emprunt. C'était à une époque où des sommes considérables étaient nécessaires pour soutenir la guerre d'indépendance américaine. C'était aussi une décision pragmatique, car il était impossible de taxer les classes privilégiées.
Entre 1777 et 1781, Necker a emprunté environ 520 millions de livres. Parallèlement, il a mené des réformes telles que la suppression de plus de cinq cents sinécures et la réduction d'un tiers du nombre de fermiers généraux. Mais les intérêts de l'argent emprunté ont gonflé en raison des intérêts composés.
L'astuce du compte rendu public
En février 1781, Necker publia son rapport financier au roi, le *Compte rendu au roi*. C'était la première fois dans l'histoire de France que les finances royales étaient rendues publiques. Le fait même de révéler les finances, traditionnellement un secret du roi, à tout le monde était un événement révolutionnaire.
Le rapport faisait état d'un excédent, affirmant que les recettes ordinaires dépassaient les dépenses de plus de dix millions de livres. Vingt mille exemplaires furent imprimés, vendus en quelques semaines et traduits en plusieurs langues. Cependant, il y avait une astuce dans cet excédent. Le rapport ne comprenait que les comptes ordinaires et excluait les dépenses extraordinaires, telles que les coûts de la guerre d'Amérique.
Un État dévoré par les paiements d'intérêts
Les fonds que la France a investis dans la guerre d'indépendance américaine s'élevaient à environ 1,3 milliard de livres, soit plus du double des revenus annuels de la Couronne. Tout cet argent a été financé par l'emprunt, et la France a emprunté à un taux d'intérêt presque deux fois supérieur à celui de la Grande-Bretagne.
En 1780, le seul paiement des intérêts de la dette nationale consommait 43 % du budget. Calonne, qui succéda à Necker à la tête des finances, continua d'emprunter encore plus. Le déficit en 1787 atteignit 140 millions de livres.
Il a finalement eu recours à l'imposition des classes privilégiées avec un impôt foncier applicable à tous, sans distinction de statut, mais l'Assemblée des notables, choisie par le roi en 1787, l'a rejeté. Il ne restait qu'une seule voie. En 1788, Necker fut rappelé, et il fut décidé de convoquer les États généraux pour la première fois en 175 ans. Les États généraux ne seraient pas convoqués pour les droits de l'homme, mais pour une facture impayable.
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La rébellion qui commença par un livre de comptes, et les boulets de canon payés par des privilèges
La rébellion n'a pas commencé par le sabre, mais par un livre de comptes. Sous le règne d'un daimyō qui aurait déclaré son domaine de 40 000 koku comme en valant 100 000, le taux d'imposition a doublé. Les corps de ceux qui ne pouvaient pas payer étaient soumis à la torture, et pour réprimer le soulèvement qui s'ensuivit, des boulets de canon étrangers furent tirés depuis la mer.

Monnaies Frappées sur Papier, la Promesse de Leyde
À Leyde, pendant le siège, l'argent vint à manquer et des monnaies furent frappées à partir des livres de l'église. Ce qui soutenait ce papier, sans support métallique, était une unique promesse : si la ville survivait, il serait racheté en espèces sonnantes et trébuchantes.

La bourse du cardinal et la monnaie de cuivre dévaluée
Après la fin de la Fronde, Mazarin laissa une fortune personnelle d'environ trente-cinq millions de livres. À la même époque, le liard, une pièce de cuivre aux mains du peuple, fut dévalué au tiers de sa valeur faciale en l'espace d'environ un mois.
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