NOMISMA SCHOLA
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La bourse du cardinal et la monnaie de cuivre dévaluée

Après la fin de la Fronde, Mazarin laissa une fortune personnelle d'environ trente-cinq millions de livres. À la même époque, le liard, une pièce de cuivre aux mains du peuple, fut dévalué au tiers de sa valeur faciale en l'espace d'environ un mois.

2026-09-02 Mitsuru Hayama Sujets de monnaie

Un Premier ministre mis à prix

Le Parlement mit à prix la tête du cardinal Mazarin pour cent cinquante mille livres. Une institution de l'État fixa un prix pour son Premier ministre en exercice. Ce fut l'un des points culminants de la Fronde.

La vente de ses biens fut également ordonnée, et sa collection de quelque 40 000 volumes fut dispersée aux enchères. C'est ainsi que disparut la première bibliothèque publique de France, ouverte à tous depuis 1643. Environ 5 000 mazarinades, des pamphlets injurieux envers le cardinal, tourbillonnèrent dans la ville comme des nuées de mouches. Ces sources sont considérées comme des archives de l'opinion publique, mais pas nécessairement des faits.

L'étincelle de la révolte était financière

Le contexte de la révolte était une longue période de pression fiscale. Les dépenses de l'État quintuplèrent entre 1600 et 1650, et la Couronne empruntait de l'argent à l'avance à des financiers appelés traitants, en utilisant les impôts futurs comme garantie.

Le fil des augmentations d'impôts ne visait pas les paysans, mais les bureaucrates et les rentiers de Paris. Les rentiers, qui vivaient des rentes sur les obligations d'État, ne recevaient plus que deux paiements et demi sur leurs quatre paiements d'intérêts trimestriels. Ceux qui avaient prêté de l'argent à la Couronne devinrent finalement les principaux protagonistes de la rébellion.

La fortune rebâtie par un exilé

Mazarin s'exila à Cologne et perdit d'abord sa fortune lors d'une vente aux enchères. Cependant, lorsqu'il s'éteignit à Vincennes le 9 mars 1661, la fortune qu'il laissa était d'environ trente-cinq millions de livres. Elle est considérée comme la plus grande fortune privée du XVIIe siècle, dépassant même celle de son mentor, Richelieu, qui était d'environ vingt millions. Cela signifie qu'il l'avait rebâtie en seulement huit ans. Cette fortune ne fut jamais remise en question.

Les monnaies de cuivre de la même époque

En 1658, le liard, une pièce de cuivre utilisée quotidiennement par le peuple, fut dévalué de trois deniers à un denier en l'espace d'environ un mois. La petite monnaie réduite à un tiers de sa valeur et les trente-cinq millions de livres rebâtis sont des histoires de la same période.

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