NOMISMA SCHOLA
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Précision et beauté de la monnaie d'or non rognable

Le Louis d'or, une monnaie d'or née en 1640. Sa forme parfaitement circulaire et son portrait artistique visaient à contrecarrer la pratique du vol d'or. Nous retraçons la précision, la beauté et les coulisses de la création de richesse incarnées par une seule monnaie.

2026-08-21 Mitsuru Hayama Lire une pièce

Commençons par une seule monnaie d'or : le Louis d'or, créé en France en 1640 et nommé d'après le roi Louis XIII. En la tenant dans la main, on remarque sa forme parfaitement circulaire. Cette forme, uniforme jusqu'au bord, avait une raison impérieuse : protéger la crédibilité de la monnaie.

La lutte contre les doigts qui rognent les bords

Autrefois, les anciennes monnaies frappées au marteau avaient une forme irrégulière et des bords mal définis. Cela a conduit à la pratique incessante du 'rognage' — un vol consistant à gratter progressivement le métal des bords.

Le balancier, introduit à la Monnaie de Paris par le graveur Jean Varin de Liège, a résolu ce problème grâce à trois mécanismes. Premièrement, une forme parfaitement circulaire et un poids uniforme. Si une petite partie était rognée, cela serait immédiatement visible comme un défaut. Deuxièmement, une rangée de fines perles frappées autour du bord. Le rognage enlèverait ces perles, exposant la manipulation. Troisièmement, la gravure sur la tranche elle-même.

Alors que le koban Keichō du Japon indiquait son titre par des poinçons, la France cherchait à empêcher la falsification par la précision mécanique. C'étaient des réponses différentes au même problème de crédibilité.

De l'outil à la sculpture

Le protagoniste de cette réforme n'était pas seulement la précision, mais aussi la beauté. Sous la réforme monétaire menée par le surintendant des Finances, Bullion, Varin a gravé les coins pour le Louis d'or et l'Écu blanc en argent.

Le profil de Louis XIII qu'il a gravé possédait un raffinement artistique inédit dans la monnaie précédente. Entre les mains de Varin, la monnaie — autrefois simple outil pour les impôts et les fonds de guerre — s'est transformée en une sculpture à la gloire du roi. Plus tard, bien qu'artisan graveur de coins, il fut traité comme un artiste et admis à l'Académie Royale.

Dans l'ombre de la monnaie d'or brillante

La monnaie d'or, non rognable et infalsifiable, est finalement devenue l'étalon du pays. En 1672, lorsque Varin devint le seul maître des machines à monnayer, la résistance de quatre-vingt-dix ans à la frappe mécanique prit fin. Alors, d'où venait l'or pour ces monnaies de 22 carats ?

À l'époque où le Louis d'or est né, un certain cardinal amassait une immense fortune. Il s'agissait de Mazarin, décédé le 9 mars 1661. Sa succession s'élevait à environ 35 millions de livres, considérée comme la plus grande fortune privée du XVIIe siècle.

À la même époque, le liard, une monnaie de cuivre entre les mains des pauvres, était dévalué. En 1658, sa valeur nominale a été réduite de trois deniers à un seul denier en l'espace d'environ un mois, diminuant ainsi d'un tiers.

Le surintendant jugé

La richesse du cardinal n'a jamais été jugée, mais un homme a été contraint de jouer le rôle du perdant : le surintendant des Finances Fouquet. Sa fortune avait atteint 19,5 millions de livres, mais on dit que derrière cela, il avait des dettes de 16 millions de livres.

Le 5 septembre 1661, le mousquetaire d'Artagnan arrêta Fouquet. Le procès aboutit à une sentence de bannissement, mais le roi usa de son droit de grâce pour commuer la peine en une sanction plus sévère : l'emprisonnement à vie.

Le système d'emprunt anticipé a survécu sous un autre nom, et le règne personnel du Roi-Soleil a commencé.

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